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Métamorphoses de Jean Rigaud - Recto Salon des Editeurs Paris BNF 2010
Métamorphoses de Jean Rigaud - Verso Salon du livre Paris 2010

Paru en 2009 : Métamorphoses de Jean Rigaud, un volume 24 x 33 cm sous étui, 208 pages, 56 € franco de port

Métamorphoses de Jean Rigaud - Recto Métamorphoses de Jean Rigaud - Verso

Rassemblées dans ce volume, les photographismes constituant le dernier opus de Jean Rigaud (1924-2005), accompagnés en écho d'extraits de ses oeuvres de fiction, publiées par les Editions de la Table Ronde (Paris 2007) sous le titre Cavaliers seuls, consultables sur www.conte-philosophique.com.

Le verso image de l'étui du livre est un condensé du contenu : cliquez ici pour l'afficher en détail

Caractéristiques techniques :

  • 24 x 33 cm
  • 208 pages dont 194 de reproductions pleine page sans marges
  • papier SM 170 grammes
  • impression 4 + 4
  • vernis soie pleine page recto et verso
    Façonnage :
  • cartonné 3 mm, contrecollé toile
  • fer-à-chaud sur dos et 1er plat
  • cousu fil
  • dos carré avec tranchefiles
    Coffret/Etui :
  • cartonné 2,5 mm
  • contrecollé papier 150 grammes pelliculage brillant et toile sur les tranches

 

Paroles de
l'auteur :

Portrait de Jean Rigaud

"Un logiciel informatique de traitement d'images me semble être un instrument aussi puissant qu'un pinceau de peintre, un ciseau de sculpteur ou un burin de graveur. Encore faut-il avoir quelque chose à en faire. Je suis conscient que mes recherches me font rejoindre un univers de pensée archaïque où la nature était encore vitalisée. Je cherche à dégager des images latentes qui établissent un pont entre la perception immédiate et les strates cachées du mystère du monde ("vaste programme" aurait dit le général) et cela demande beaucoup de temps. Pour commencer il faut déterminer, sentir, quel paysage ou fragment de paysage recèle des potentialités fantastiques, et tâcher ensuite de trouver les couleurs ou/et les outils techniques propres à les réaliser. Ou bien déceler dans telle aspérité l'incitation à accentuer l'allusion anthropomorphe ou thériomorphe qui permettra d'inscrire le cliché dans une série, Bestiaire ou Masques ou autre - avec un succès parfois douteux, puisque souvent les spectateurs voient tout autre chose que ce qui m'a dicté le titre. Et c'est tant mieux, car l'univocité trop flagrante est un piège."

Jean RIGAUD

Commentaires :

L'aspect alchimique du travail du photographe ne peut trouver justification à ses yeux qu'une fois prise en compte et assumée l'origine même de l'image photographique : le flux lumineux qui traverse l'objectif et impressionne le film. La richesse des formes nées de l'action de l'ombre et de la lumière, issue de leur matérialité tactile, constitue le socle de la recherche plastique de Jean Rigaud. Son génie propre consiste à choisir, supprimer, découper, faire naître les harmonies et les contrastes au sein de ce foisonnement, afin de rendre visible la force concentrée, de dévoiler le mystère de formes qui ne peuvent naître que du cadre photographique. Exaltant toujours le phénomène lumineux originel, il met néanmoins à contribution l'outil informatique, qui lui offre la possibilité d'un travail potentiellement infini de manipulation des formes et des couleurs. Dans le domaine du dessin, de la gravure, le premier trait esquisse un espace, creuse déjà une profondeur, engendre une réalité visuelle, une ébauche de perspective, un début de matiére. Jean Rigaud crée des images à partir d'images nourries de motifs quotidiens, qui outrepassent leur nature d'être des effets de lumière pour se transmuer en nouvelle forme graphique, ouvrir le domaine de l'étrange et du dissimulé, et mettre en abyme la banalité du réel.

Anne BIROLEAU-LEMAGNY
Conservateur général de la Bibliothèque Nationale

Métamorphoses, ouvrage posthume de Jean RIGAUD, est une véritable Révélation à la fois savante, poétique et artistique que nous dévoile puissamment l'auteur, avec une maturité et une clairvoyance issue des 80 ans de réflexion et d'études d'un homme plongé toute sa vie durant dans un riche univers littéraire lié à sa passion pour l'image tant réelle que métaphorique. C'est en praticien éclairé de la photographie et de la captation subtile de la Nature que Jean RIGAUD nous offre aujourd'hui un ouvrage unique, d'une grande intelligence, d'une technicité libérée des contraintes didactiques grâce à des images retravaillées numériquement, une sorte de recueil artistique génial chargé de Grands et de Petits Mystères...
Il nous délivre ici une série de messages presque médiumniques au travers d'univers peuplés de créatures fantastiques tels des Minotaures, des Sirènes ou autres monstres improbables évoluant dans des paysages fantasmagoriques. Tous nous mènent sur des chemins d'interprétations allégoriques, philosophiques, métaphysiques, voire ésotériques pour ceux qui savent décrypter les très multiples niveaux de correspondances de ses écritures et de ses photographismes. C'est donc, tant par la réalisation matérielle de ce "livre objet" d'une grande qualité que dans l'apport régénérateur d'une conception prophétique et globale du Monde et de l'Humanité, ainsi que de ses archétypes les plus fondamentaux, que l'oeuvre de Jean Rigaud est celle d'un visionnaire et d'un précurseur. Un livre d'Art rare à se procurer de toute urgence, un livre à la fois sacré et profane, un ouvrage magique et envoûtant pour les esthètes en quête de réponses, un fantastique cadeau de l'auteur, ici en toute première édition originale et limitée, livré dans son étui.

Marc MALDINEZ
Directeur de Photobis

 


 

Paru en 2011

Edition bibliophilique de Jean RIGAUD, Wong

Wong de Jean Rigaud Wong de Jean Rigaud
Wong à LOURMARIN Journées bibliophiliques 2011 Wong à LOURMARIN
Journées bibliophiliques 2011

 

 

Ouvrage de 184 pages, in-octavo raisin au format 16 x 22 cm, composé au plomb mobile en Garamond corps 12 par l'atelier Vincent Auger à Paris, achevé d'imprimer en Août 2011 sur chiffon B.F.K. de Rives 180gr. Les 36 photographies, reproduites numériquement pour chaque exemplaire sur Vélin d'Arches Muséum, ont été captées par l'auteur sur pellicule argentique et choisies par lui pour faire écho à son texte au cours des années 1970.
Une lecture par Michel Leroux complète l'édition.
Le tirage comporte 3 exemplaires hors commerce chiffrés de A à C et 35 exemplaires numérotés de 1 à 35.

Prix : 850 € franco de port

Lire les extraits sur www.conte-philosophique.com

La qualité de la fabrication justifie la dénomination livre d'artiste, mais le rapport écriture-images est inhabituel. Il est le fruit de la collaboration de l'auteur avec lui-même : quelque cent soixante pages de texte à la typographie très soignée, très aérée, pour trente-six planches photographiques en noir et blanc imprimées avec un relief somptueux en pleine page sur un solide papier "velours", l'ensemble réuni dans un étui recouvert de papier à la cuve.

WONG, histoire d'un spectateur qui fut marchand, pirate, astrologue et sans doute amoureux, s'offre comme une succession de scènes qui reviennent, dans un désordre apparent subtilement maîtrisé, à l'esprit du personnage éponyme au moment charnière où il va lever l'ancre - on ne le comprend que plus tard - et où son destin se renverse.
Les évocations du passé lointain qui ont marqué Wong alternent avec le récit de ses récentes tribulations. Aussi le livre, élaboré dans un style limpide et riche en significations, peut-il être lu de deux manières.
Ou bien au fil des pages. C'est l'histoire d'un vagabond des mers qui depuis quatre ans s'était immobilisé dans un obscur émirat du XIXème siècle. Il s'y était laissé retenir par les sentiments qu'il vouait à la princesse. Mais traqué, banni et dépouillé, il va parvenir in extremis au seuil d'une renaissance.
Ou bien sans suivre l'ordre des remémorations de Wong. On va découvrir, au hasard des paragraphes, un aphorisme, un portrait, un tableau, un conte à part entière, une réflexion philosophique ou une situation historique isolée.
Il ne s'agit pas d'une reconstitution du temps où l'empire britannique brillait de tous ses feux. L'auteur met l'accent sur ce qui, dans certaines particularités tribales d'un Moyen-Orient d'avant le pétrole, ressortit en fait au fonds commun de l'humanité.
Pas de carte, non plus, pour tracer le paysage onirique auquel nous invite Jean Rigaud. Le territoire obéit à des lois organiques où le regard prélève ses objets à l'aune d'une rêverie qui s'étend au Cosmos.

Aussi les photographies pleine page insérées entre les feuillets ne s'inspirent-elles nullement du goût orientaliste en vogue dans l'art de l'époque.
Nous ne sommes pas davantage conviés à nous focaliser sur l'apparent réalisme des sujets, tous rencontrés dans la nature : l'eau, les roches, les arbres. Au-delà de ce premier degré à dépasser il faut entendre ces images émettre l'écho du texte cité au verso.

Par la métaphore l'image et l'écriture s'accordent ainsi d'emblée, l'imaginaire de Jean Rigaud se déployant avec autant d'aisance dans les deux genres. Il y exprime une vision du monde où l'humain est toujours en correspondance avec le langage de la terre.

 

LE RESSENTI D'UN JEUNE POETE

Livre comme un palais désert.
Ce qui m'a impressionné c'est d'abord l'architecture de l'infini, l'idée d'un piège géométrique, d'un labyrinthe, des anneaux organisant - étaux - la perte spiralée de l'être. Le dernier temple mort - toute la fin - est prodigieux. J'ai découvert aussi (et pour la première fois) une conception du monde qui l'interprète en jeu de forces sous-jacentes. Une très forte idée que les choses ne soient que la libération des Forces, leur ruse, leur transfert, leur violence, ou leur déperdition dans la stagnation (le même répété jusqu'à l'écoeurement, c'est-à-dire : le navire à l'ancre), ou bien, versant dans l'irréel, qu'elles soient la forme piégeante et cauchemardesque, telle grande architecture vide en abîme. L'être hésite entre le signe pur, absolument indéchiffrable et mortellement trompeur s'il passe à la limite, et la forme pure, brutale, réelle, mais dormante cachée aussi. L'être est double, dangereux en chaque face, dangereux suprêmement en ce qu'il peut à tout moment se renverser comme un iceberg. L'aporie n'est pas un mur, elle est plus subtilement, le retournement d'une voie sur l'autre : sans issue. J'ai cru saisir ce sens aigu de la double menace, menace par le double - parce que je suis un grand joueur d'échecs devant l'Eternel. Pour moi le jeu d'échecs offre à chaque partie ce même danger fascinant, et j'ai vu dans Wong un échiquier fabuleux et démultiplié.

Bernard MOUTON, ENS rue d'Ulm

 


 

Paru en 2011

Edition de tête : Jean RIGAUD, Free Lance

Free Lance de Jean Rigaud
Salon des Editeurs bibliophiles Paris 2011 Salon des éditeurs bibliophiles Page(s) Paris 2011

Les 20 textes inédits de Jean Rigaud ont été entièrement composés et imprimés à la main en Méridien demi-gras corps 16 sur Vélin d'Arches Muséum 250 gr par Michael Caine à l'Atelier de la Cerisaie à Paris.
Ses 20 photographies originales ont été reproduites au jet d'encre pigmentaire par le Studio Franck Bordas à Paris sur le même papier.
L'ensemble est édité en deux livrets-accordéon pliés au format 24 x 24 cm.
L'introduction de Michel Leroux est composée en Méridien italique corps 14.
Le tirage comporte 3 exemplaires hors-commerce chiffrés de A à C et 15 exemplaires numérotés de 1 à 15. Achevé d'imprimer en Août 2011.

Prix : 850 € franco de port

La plupart du temps, un livre d'artiste se constitue à partir d'un texte qu'un artiste illustre ensuite ; ou bien un artiste visuel recherche un écrivain susceptible de rédiger un texte faisant écho à son dess(e)in. Ou encore un éditeur estime pouvoir associer deux créateurs qui ne se connaissent pas et n'ont peut-être même pas de vision commune. Le cas de Free Lance est autre. Jean Rigaud a fait en 1976 une série de photographies dans un lac de barrage momentanément hors d'eau, puis elles lui ont inspiré un poème.
Le terrain obsessionnellement répétitif induisait un sentiment d'enfermement, qui, à son tour, engendrait une aspiration à un aboutissement. D'où s'est formée dans son esprit la notion de quête initiatique telle que l'ont pratiquée les légendaires chevaliers errants du Moyen-âge. Dès lors les images désolées d'une mort sans sépultures se mettaient à vivre une vie inattendue que seul le poète pouvait exprimer et nous rendre perceptible.

Premier verset Premier verset
Dernier verset Dernier verset

Free-Lance propose ainsi un sens à ce qui, aux yeux de tout autre qu'un poète visionnaire, risquerait d'apparaître comme morne désert ou épaves inconsistantes. «Propose» sans imposer, car l'interrogation inhérente à la quête subsiste jusqu'à la fin. Et si celle-ci se présente comme la fin d'un cycle, elle est aussi ouverture sur une éventuelle poursuite de la quête autrement.
Entre temps l'auteur aura introduit une cohérence dans un cheminement parmi des lieux et des êtres que leur étrangeté empêche de tenir pour un reportage : ou du moins, si ce doit être quand même une forme de reportage, c'est dans un monde fantastique qu'il nous transporte puisque, arpenteur d'un territoire perdu, il nous emmène en fait sur les sentiers d'un voyage intérieur.
Il ne restait apparemment à l'éditeur de ce livre d'artiste qu'à typographier les textes à la main et à tirer les photographies sur un papier à texture veloutée pour que le bibliophile soit comblé; mais il a voulu que soient révélés au lecteur les tenants et aboutissants de l'entreprise, afin que soit encore plus patent le lien inextricable entre l'homme et la nature. Cette tâche a été accomplie par Michel Leroux dans une éclairante introduction.

 

LE POINT DE VUE DU TYPOGRAPHE
RECUEILLI PAR FRANÇOISE GOUYOU-BEAUCHAMPS

Michael Caine parle de la magie de l'univers de Jean Rigaud dont il a respecté les volontés formelles pour la mise en page de Free Lance. Une composition d'inspiration mallarméenne a guidé son travail : « La typographie s'étoile à travers la page dans des constellations de lettres juxtaposées dans des formes aléatoires rythmées, trouvées à partir du manuscrit laissé par Jean Rigaud et des indications données par l'éditrice, explique-t-il. J'ai proposé des lignes plus en paysages que le manuscrit original. » Il enchaîne à propos du choix du caractère Méridien demi-gras d'Adrian Frutiger, création de 1957 : « Il répond au noir saturé des images imprimées au jet d'encre. Le Méridien est un caractère glyphique et rentre bien dans le cadre du livre par son acuité et sa ressemblance avec les fissures de la terre et du sable compacté de cet endroit déserté. Les pattes triangulaires sont très lapidaires, on est dans l'usure de la pierre très dure, le temps qui balafre les murs, la pierre résiste mais les failles apparaissent dans ce matériau éternel. Le Méridien, c'est le ciseau qui va droit dans sa cible, la pierre monumentale. » Avec cette métaphore, Michael Caine confirme que le choix typographique est à la fois une histoire de savoir et de compréhension intuitive du projet artistique.

 

BIBLIOGRAPHIE :
Arts et Métiers du Livre N°288 p. 87
M. Leroux, « Tout n'est pas vu », Mémoire d'Obiou, n° 17, pp. 116-122.